
FDJ United a revu ses objectifs 2026 à la baisse le 21 octobre, deux mois seulement après les avoir confirmés : le groupe de jeux d’argent attend désormais un chiffre d’affaires en recul d’environ 5 % sur l’année, plombé par la fiscalité et par une fréquentation en berne.
Des objectifs sabrés deux mois après avoir été fixés
L’avertissement a surpris par son calendrier. En publiant son activité du troisième trimestre, FDJ United — née du rapprochement entre la Française des Jeux et Kindred — a abandonné sa prévision d’un chiffre d’affaires annuel en repli de « quelques pourcents » pour viser désormais une baisse d’environ 5 %, rapporte Boursorama.
Le produit brut des jeux, l’indicateur de référence du secteur, devrait lui aussi reculer de quelques pourcents, alors que le groupe tablait encore sur une stabilité. Seule la marge d’EBITDA courant, attendue autour de 23 %, est maintenue.
La sanction boursière a été immédiate : le titre a lâché environ 7 % et évolue autour de 21 €, en retrait de plus de 10 % depuis le début de l’année.
Neuf mois dans le rouge
Sur les neuf premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires ressort à 2,576 milliard d’euros, en baisse de 5,6 % sur un an, selon les chiffres publiés par Option Finance. Le produit brut des jeux s’établit à 6,264 milliards d’euros, en recul de 2,8 %.
Le troisième trimestre concentre la dégradation : 794 millions d’euros de revenus, soit un plongeon de 8,1 %. Le groupe invoque notamment un niveau de gains des parieurs inhabituellement élevé, surtout dans les points de vente, qui a rogné les recettes des paris sportifs.
La fiscalité des jeux, premier accusé
Le facteur le plus structurel reste l’alourdissement des prélèvements sur les jeux d’argent entré en vigueur cette année. FDJ United évalue à plus de 70 millions d’euros l’impact des hausses de fiscalité sur son exercice 2026, un montant intégré à ses nouveaux objectifs.
Le pôle paris sportifs et jeux en ligne encaisse le choc le plus net : 619 millions d’euros de chiffre d’affaires sur neuf mois, en repli de 8,2 %. Outre la fiscalité française, le groupe cite des conditions difficiles aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, deux marchés hérités de Kindred où la réglementation s’est également durcie, note ABC Bourse.
S’y ajoute un phénomène plus conjoncturel : la baisse de fréquentation des points de vente physiques, bars-tabacs en tête, dans un contexte de consommation morose.
Un deuxième avertissement en six mois
Ce n’est pas la première alerte de l’année. En avril 2026, après un premier trimestre décevant, le groupe avait déjà ajusté ses ambitions. La répétition de ces révisions nourrit les interrogations des analystes sur la trajectoire du nouvel ensemble, dont la fusion devait précisément offrir des relais de croissance à l’international.
Pour les opérateurs du secteur, le message est clair : le durcissement fiscal pèse directement sur les volumes du marché régulé. Un paradoxe souvent souligné par les professionnels, qui estiment qu’une pression trop forte sur l’offre légale peut détourner une partie des joueurs vers des sites non autorisés, hors de tout contrôle et de toute taxation.
Ce que cela change pour les joueurs
À court terme, rien ne change sur les produits : loteries, paris et jeux en ligne du groupe restent accessibles dans les mêmes conditions. Mais la pression fiscale finit généralement par se diffuser dans l’offre, via des taux de retour aux joueurs moins généreux ou des promotions plus rares.
Le dossier est aussi à suivre sur le front réglementaire : les discussions budgétaires en cours à l’Assemblée nationale pourraient encore faire évoluer la fiscalité du secteur pour 2027, un paramètre que tous les opérateurs, FDJ United en tête, surveillent de près.
Questions fréquentes
Pourquoi FDJ United a-t-elle abaissé ses objectifs 2026 ?
Le groupe cumule trois vents contraires : des hausses de fiscalité sur les jeux chiffrées à plus de 70 millions d’euros sur l’année, une fréquentation en baisse dans les points de vente et des gains de parieurs exceptionnellement élevés au troisième trimestre.
Les jeux en ligne du groupe sont-ils en difficulté ?
Le pôle paris et jeux en ligne a vu son chiffre d’affaires reculer de 8,2 % sur neuf mois, à 619 millions d’euros, sous l’effet de la fiscalité française et de marchés néerlandais et britannique plus contraints.
La rentabilité du groupe est-elle menacée ?
FDJ United maintient son objectif de marge d’EBITDA courant autour de 23 % pour 2026. C’est la croissance du chiffre d’affaires qui est revue à la baisse, pas la rentabilité opérationnelle visée.
