
Evolution, le premier fournisseur mondial de jeux de casino en direct, a publié ce jeudi 23 octobre son rapport du troisième trimestre 2026. Après deux trimestres de recul, le groupe suédois renoue avec la croissance de son chiffre d’affaires. Son directeur général, Martin Carlesund, parle d’un trimestre « sans histoire ». Le rapport révèle pourtant un sujet brûlant : le Brésil, où le cadre réglementaire a été remis en cause début octobre.
Les chiffres du trimestre
Selon le rapport intermédiaire janvier-septembre 2026, le chiffre d’affaires net atteint 526,1 millions d’euros entre juillet et septembre, contre 507,1 millions un an plus tôt, soit une hausse de 3,7 %. L’Ebitda ajusté s’établit à 345,9 millions d’euros, en progression de 2,7 %, pour une marge de 65,8 % contre 66,4 % au troisième trimestre 2025.
Le rebond se voit mieux en le comparant aux trimestres précédents. Au deuxième trimestre, le rapport semestriel faisait état d’un chiffre d’affaires de 517,8 millions d’euros, en recul de 1,2 % sur un an. Le groupe gagne donc un peu plus de 8 millions d’euros d’un trimestre à l’autre.
Sur les neuf premiers mois de l’année, le bilan reste plat : 1 557,0 millions d’euros de revenus, à peine 0,3 % de plus qu’en 2025, et un Ebitda ajusté de 1 022,2 millions, en très léger retrait de 0,2 %.
Le casino en direct ralentit, les machines à sous accélèrent
Le détail par activité est sans doute le plus instructif. Le casino en direct, qui a fait la réputation d’Evolution avec ses tables de roulette, de blackjack et ses game shows filmés en studio, progresse de 2,6 % sur un an. Les jeux RNG, c’est-à-dire les machines à sous et jeux pilotés par un générateur de nombres aléatoires, bondissent de 10,1 %.
Le groupe ne cesse d’enrichir ce catalogue. Le rapport cite trois lancements du trimestre : Monopoly Roll’em, Disco Balls et Spinning Whale, une nouvelle marque de machines à sous pensée pour le marché américain. Deux sorties sont annoncées d’ici la fin de l’année : le déploiement d’Ice Fishing en Amérique du Nord au quatrième trimestre, et Game Night, développé dans le cadre du partenariat avec Hasbro.
Une croissance qui vient des Amériques et de l’Afrique
Martin Carlesund souligne que toutes les régions ont progressé d’un trimestre à l’autre. Mais l’écart entre elles reste important.
L’Europe et l’Asie stagnent
L’Europe, longtemps moteur du groupe, ne gagne que 0,4 % par rapport au trimestre précédent. L’Asie fait à peine mieux, avec 0,8 %. Ces deux marchés pèsent lourd dans les comptes, et leur atonie explique en grande partie la croissance modeste sur neuf mois.
Les marchés en croissance
Sur un an, l’Amérique du Nord progresse de 13,6 %, l’Amérique latine de 23,1 % et l’Afrique de 23,7 %. Ce sont désormais ces régions qui tirent le groupe, portées par l’ouverture progressive de marchés réglementés.
Le Brésil, point noir des prochains mois
C’est dans la partie consacrée aux événements postérieurs à la clôture que se trouve l’information la plus importante. Le rapport indique que le cadre réglementaire brésilien a été annulé début octobre, à la suite d’une décision présidentielle, et que l’issue finale reste incertaine. Le studio d’Evolution au Brésil est temporairement fermé.
Le groupe se veut rassurant sur l’impact : le Brésil représente selon lui nettement moins de la moitié des revenus d’Amérique latine. Martin Carlesund reconnaît toutefois qu’« il est difficile de prévoir comment le comportement des joueurs au Brésil va évoluer ». Il ajoute que la dynamique du reste de l’Amérique latine reste forte et compensera une partie de l’effet brésilien.
Le coup est rude pour un marché qui faisait figure de relais de croissance depuis sa réglementation. Le quatrième trimestre dira si la fermeture du studio pèse visiblement sur les comptes.
Et pour les joueurs français ?
Evolution fournit ses tables et ses jeux à des opérateurs du monde entier, mais pas à des casinos en ligne agréés en France, pour une raison simple : le casino en ligne n’y est pas autorisé. Seuls les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne disposent d’un agrément de l’Autorité nationale des jeux. Les jeux d’Evolution présentés à un joueur depuis la France le sont donc par des sites non agréés, sans les protections prévues par la loi française.
Les résultats du groupe restent néanmoins un bon indicateur des tendances du secteur. Le net décalage entre le casino en direct et les machines à sous montre où se déplace la demande. Quant à l’épisode brésilien, il rappelle qu’un marché réglementé peut être remis en question du jour au lendemain, avec des conséquences directes pour les fournisseurs comme pour les joueurs.
