Publicité des jeux d’argent : l’ANJ et l’ARPP renouvellent leur convention et l’étendent aux JONUM

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Les publicités pour les paris, le poker et les loteries sont contrôlées par deux acteurs. Le régulateur public, l’Autorité nationale des jeux (ANJ), fixe le cadre et sanctionne. L’autorégulation professionnelle, l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité), relit les campagnes avant leur diffusion. Le 7 octobre 2026, les deux institutions ont renouvelé la convention qui les lie depuis 2023 et en ont élargi le champ, selon le communiqué de l’ANJ. Le texte a été signé par Pascal Chevremont, président de l’ANJ, et Christine Albanel, présidente de l’ARPP.

Cette signature ressemble à une formalité administrative. Pourtant, elle trace la feuille de route de la publicité des jeux d’argent pour les mois qui viennent, à la télévision comme sur les réseaux sociaux.

Le principe : l’ARPP en premier filtre, l’ANJ en recours

Avant de diffuser une campagne, les opérateurs de jeux d’argent et de hasard soumettent leurs projets à l’ARPP, qui est leur premier interlocuteur. La convention organise le dialogue entre les deux autorités. Quand l’ARPP a un doute sur la conformité d’une publicité, elle peut partager son analyse avec l’ANJ et lui demander son avis, en respectant la confidentialité du projet. Le communiqué précise que l’ARPP l’a fait « à plusieurs reprises » depuis 2023. L’ANJ juge ce bilan « très positif » et explique ainsi la reconduction.

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Pour un opérateur, cela signifie qu’un avis défavorable de l’ARPP sur un spot ne relève plus seulement de la déontologie publicitaire. Il peut s’appuyer sur la lecture du régulateur, qui garde par ailleurs ses propres pouvoirs de contrôle et de sanction. La nouvelle convention reprend les mêmes règles d’échange d’informations et ajoute trois nouveautés.

Première nouveauté : les JONUM entrent dans le champ

La convention couvre désormais les JONUM, les jeux à objet numérique monétisable. Dans ces jeux en ligne, on peut obtenir des objets numériques revendables, comme des NFT ou des jetons de jeu. Ils ne sont ni des casinos ni des paris sportifs au sens classique, mais ils empruntent aux deux, et leur offre en France est soumise à une déclaration préalable auprès de l’ANJ, rappelle CB News.

En pratique, les publicités pour ces jeux passeront désormais par le même dialogue entre les deux autorités que celles des opérateurs de paris ou de poker. Ce secteur est jeune et très présent sur les réseaux sociaux. Ses codes visuels se rapprochent du jeu vidéo, ce qui rend la frontière avec le divertissement pur plus floue pour le public.

Deuxième nouveauté : les influenceurs mieux formés

L’ARPP délivre un Certificat de l’Influence Commerciale Responsable. Les créateurs de contenu qui collaborent avec des marques le passent pour montrer qu’ils connaissent les règles. Ce certificat contient un module consacré aux jeux d’argent et de hasard, appelé « JAH ». La convention prévoit que l’ANJ intervienne pour le renforcer.

Le choix ne doit rien au hasard. Les partenariats avec des influenceurs sont devenus un canal majeur pour les opérateurs, et c’est aussi là que les dérapages sont les plus difficiles à repérer : incitation implicite au jeu, promesse de gains, public très jeune. En formant mieux les créateurs en amont, le régulateur espère limiter les contenus problématiques avant qu’ils ne soient publiés.

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Troisième nouveauté : les chartes de 2022 vont être revues

En novembre 2022, les opérateurs avaient signé quatre chartes d’engagement sur leur publicité : à la télévision, à la radio, dans l’affichage et dans le digital. L’ANJ réfléchit à les faire évoluer et y associera l’ARPP. Le communiqué ne donne ni calendrier ni piste précise. Mais il annonce une révision de textes qui encadrent concrètement la pression publicitaire des opérateurs.

Il faudra donc suivre la suite. Une révision des chartes pourrait toucher le volume de messages, les horaires de diffusion, la place des offres de bienvenue ou la façon de présenter les bonus. Pour les joueurs, l’enjeu est simple : moins de sollicitations agressives et des messages de prévention plus visibles.

Ce que cela change pour les joueurs

Dans l’immédiat, rien ne change dans l’utilisation des sites agréés. La convention organise le travail entre deux autorités, elle ne crée pas de nouvelle obligation pour les joueurs. Elle confirme toutefois une tendance de fond : la régulation des jeux d’argent s’intéresse autant à la façon dont on donne envie de jouer qu’au jeu lui-même.

Pour s’y retrouver, le réflexe reste le même : ne jouer que sur des sites agréés par l’ANJ et se méfier des contenus d’influenceurs qui promettent des gains faciles. En cas de doute sur sa pratique, Joueurs Info Service propose une écoute anonyme.

Questions fréquentes

Qui contrôle la publicité des jeux d’argent en France ?

L’ANJ est le régulateur public des jeux d’argent. L’ARPP, organisme d’autorégulation de la publicité, examine les projets de campagne avant diffusion. Les deux coopèrent dans le cadre d’une convention signée en 2023 et renouvelée le 7 octobre 2026.

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Que sont les JONUM ?

Ce sont des jeux à objet numérique monétisable : des jeux en ligne qui permettent d’obtenir des objets numériques revendables, comme des NFT. Leur offre en France doit être déclarée à l’ANJ, et leur publicité entre désormais dans le champ de la convention.

Les influenceurs peuvent-ils promouvoir des paris ?

Oui, dans un cadre strict. L’ARPP propose un certificat avec un module dédié aux jeux d’argent, que l’ANJ va contribuer à renforcer.

Maxime Valade

Je décortique les casinos en ligne depuis une dizaine d'années, d'abord par passion des jeux de table, puis comme rédacteur spécialisé. Mon terrain, c'est l'analyse froide d'une offre : taux de redistribution (RTP), volatilité d'une machine, conditions réelles d'un bonus et exigences de mise cachées dans les petites lignes. Je vérifie systématiquement la licence d'un opérateur — ANJ en France, MGA, Curaçao — avant d'en parler, parce qu'un casino sans cadre légal n'a rien à faire dans une recommandation. Je rappelle à chaque article que le jeu doit rester un loisir : on mise ce qu'on peut perdre, jamais plus, et l'avantage de la maison existe toujours. Avant de publier un avis, je teste l'inscription, je lis l'intégralité des conditions et je distingue la vraie valeur du simple argument promotionnel. Mon objectif : une lecture honnête, pas une promesse de gain. Retrouvez Maxime Valade sur maximevalade.fr

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